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[DOSSIER] Prises, ampère et compagnie : quelles sont les normes ?

Etant toujours à l’écoute de leurs lecteurs, les Alexiens ont décidé de vous faire une synthèse simple des différentes normes applicables pour choisir les prises, switch et autres produits connectés. Tant de questions sans réponse si on ne ne connait pas en détails les typologies de prises, les relations entre ampères et watts, …

Alors, suivez-nous !

Les prises : on s’en fiche ?

Rares sont ceux qui connaissent les différents types de prises. Restons humbles, notre but n’est pas de vous faire un cours en électricité, mais de vous aider à ne pas acheter par erreur des prises non compatibles. Et sur les sites de vente en ligne, il n’est pas rare de trouver des produits non adaptés à nos installations françaises.

Tout d’abord, un peu de sémantique. Etes-vous familiers des prises et des fiches ? Donc, pour faire simple :

  • En premier, nous avons les prises murales, que nous nommons prises femelles. Nous les connaissons en France avec les deux trous (phase et neutre) pour y insérer la prise mâle et une tige métallique qui va servir de mise à la terre (prise de type E).
  • On reconnaîtra la prise mâle (appelée fiche) car elle viendra s’insérer dans la prise femelle grâce à ses deux broches (phase et neutre).

Une question vient tout de suite à l’esprit. Si nous achetons des appareils en ligne, des prises ou des multiprises en particulier, toutes sont-elles compatibles ? Gare à vous ! On vous invite à vérifier deux trois choses avant l’achat. Nous avons tous en tête les fiches UK ou Suisses qui ne pas compatibles avec nos prises. Faut-il donc se méfier des fiches dont les broches sont similaires aux nôtres ? La réponse est oui.

En premier lieu, il va vous falloir vérifier que la fiche de votre appareil, si vous chercher à l’insérer dans une prise murale, comporte bien le trou pour y insérer la broche de mise à la terre car c’est souvent de là que vient le problème (fiche de type F)… Recherchez cette information sur le site marchant via des photos du produit, qui sont le plus parlant, ou sa description. Attention, car parfois, il n’y a pas de photo des fiches ni de descriptif du type. Vous pouvez dans ce cas essayer de contacter le vendeur ou ne pas faire l’achat car ce manque d’information peut démontrer justement un manque de connaissances du marché de la part du vendeur. Effectivement, la plupart des prises connectées ou des multiprises étant fabriquée dans l’empire du milieu, certains vendeurs sortent une connectique standard qui est adaptée au plus grand nombre de marchés mais sans être spécifique à la France. Cela aura pour conséquence fâcheuse de ne pas arriver à faire entrer la fiche de votre « smart socket » dans votre prise murale… Ce qui est assez embêtant.

Existe-t-il d’autres problèmes avec les multiprises et prises connectées ? Si nous regardons en détails les questions des lecteurs, il en ressort que beaucoup s’inquiètent que les prises femelles de ce type de matériel n’aient pas de broches de mise à la terre… Que faut-il en penser ? Un problème de sécurité potentiel, la mise à la terre permettant d’évacuer un trop plein d’électricité en cas de problème d’isolation ? Eh non.

Sachez que même s’il n’y a pas de broches, la mise à la terre est bien présente. Tout se passe sur les bords intérieurs de ces prises qui ont des lamelles métalliques servant de mise à la terre. Il s’agit en fait de prises compatibles de type F. On trouve ces prises en Europe et elles sont compatibles avec les fiches de type E/F. Notons que les fiches E/F sont des prises mâles qui mélanges les caractéristiques des fiches E (avec un trou de mise à la terre) et de type F, dit Schuko (avec des lamelles métalliques sur le dessus et le dessous de la fiche). Sympa non ?

Grâce à cela, tous les appareils électroménagers vendu en France et en Europe peuvent être utilisés sur n’importe quel type de prise murale et de prise connectée. Ainsi, si votre rallonge n’a pas de broche de terre au niveau de ses prises femelles, cela n’a pas aucune importance car en toute logique, toutes vos fiches sont de type E/F.

 

Les interrupteurs connectés sur le bout des fils

Vous vous laisseriez bien tenter par des interrupteurs connectés qui, en plus d’être en général assez jolis, permettent de ne pas investir des sommes folles pour piloter à la voix des GU10 ou autres lampes introuvables en connectées? Avant même de savoir lesquels choisir, il faut savoir si vous pouvez les mettre chez vous. En effet, la très grande majorité des interrupteurs connectés disponible à l’heure actuelle nécessite 3 fils pour les branchements : phases, retour de lampe et le neutre. Or, le neutre est interdit sur nos installation françaises, au niveau des interrupteurs, car cela entraîne un réel problème de sécurité.

Par exemple, vous souhaitez changer une ampoule ou intervenir sur le branchement d’une lampe en coupant l’interrupteur : sans neutre, aucun courant ne passe alors qu’avec un neutre, il y en aura toujours, donc avec un risque réel d’électrocution. Pourquoi un neutre est nécessaire pour les interrupteurs connectés ? Pour maintenir le Wi-Fi actif même si l’interrupteur est éteint.

Attention, si vous avez des va-et-vient, vous avez trois fils mais pas de neutre (vous avez des fils navettes), idem avec un double allumage. Les problèmes sont assez nombreux quand on met des interrupteurs connectés sur ce type d’installation : lumière qui clignote, qui ne s’éteint pas totalement…

Il est toujours possible de tirer un neutre depuis le tableau électrique, d’une prise ou autre, mais cela devrait être fait par un professionnel, s’il juge qu’il n’y a pas de risque. Cependant, vous ne trouverez pas facilement de professionnel tirant un fils de neutre d’une prise proche à votre interrupteur. Pourquoi ? Car votre circuit sera déclaré non conforme aux normes de sécurité qui disent que les circuits d’éclairage et des prises électriques doivent être séparés. De plus, les fils sont souvent de diamètres différents (1,5 ou 2,5 mm²) et les ampérages relatifs sont aussi différents entre les circuits (16 A pour l’éclairage et potentiellement 20 A pour les prises). Un fil plus fin résistera moins à la surcharge. Imaginez que vous veniez repiquer des fils de 1,5 mm² sur un circuit de prise de 2,5 mm²… Le fil ne le supportera pas et se détériorera dans le meilleur des cas, et dans le pire de cas peut générer un incendie. Autre point, en cas de problème électrique ou pour tout autre raison diverses et variées, votre assurance ne fonctionnera pas. Idem pour la revente de votre bien qui doit maintenant montrer pâte-blanche au niveau de la conformité électrique. Pour faire les choses proprement, il faut repartir de votre tableau et en tirer un neutre.

Des marques françaises commencent à faire des interrupteurs connectés sans neutre, mais pas au même prix… Le mieux est peut-être d’attendre encore un peu.

 

Empêtré dans l’ampérage ?

L’ampérage est l’intensité du courant électrique, c’est-à-dire la quantité de courant qui passe ou qui peut passer dans un appareil ou un circuit. Chaque appareil en utilisation va venir générer une quantité de courant, donc une puissance en Watts, en fonction de la tension (220 à 250 V) et de l’intensité. Si la somme des puissances des appareils connectés en utilisation est supérieure à celle que le disjoncteur peut supporter, il va se mettre en sécurité et disjoncter.

Il en est de même pour les prises et les switches… Ils sont donnés pour 10, 16 ou 20 A… A quoi cela correspond-il ? La puissance maximale supportée se calcule en faisant le produit de l’intensité (16 A par exemple) et de la tension (250 v). Dans ce cas, cela donne 4000W. Cela veut dire que vous pouvez cumuler pour 4000 W d’appareil sur la prise… Ce calcul est à faire pour chacune de vos prises car parfois la tension notée diffère (220, 230 voir 250 V).

Il est donc nécessaire que vous connaissiez la consommation des appareils à venir brancher sur vos prises et multiprises (en les cumulant). Si jamais vous dépassez la puissance maximale, il y a un risque de détérioration des appareils, de départ de feu ou encore d’électrocution.

Grace à ce simple calcul, vous savez si vous pouvez utiliser ce switch de 10A pour contrôler votre radiateur de 3000 W. La réponse est non dans ce cas. Rien ne vous empêche de brancher sur une multiprise de 2500 W de puissance maximum tolérée un appareil de 2000 W et un appareil de 1000W… Mais il ne faut pas les allumer en même temps.

 

Il suffirait d’un sigle

Il y a une jolie collection de sigles divers et variés sur une prise connectée… Que trouvons nous ?

  • RoHS : « Restriction of the use of certain Hazardous Substances », est une directive européenne éditée dans le but de réduire l’utilisation de substances dangereuses dans la fabrication des équipements électroniques. Donc rien à voir avec une quelconque norme de sécurité.
  • Marquage CE : preuve visible qu’un produit est conforme aux exigences essentielles de sécurité. Le fabricant atteste que son produit est conforme aux « exigences essentielles de santé et de sécurité » de la réglementation qui le concerne et par lequel il engage donc sa responsabilité. Pour apposer le marquage « CE » sur son produit, le fabricant doit réaliser, ou faire réaliser, des contrôles et essais qui assurent la conformité du produit aux exigences essentielles définies dans les textes européens concernés.  Nous sommes donc en grande partie sur du déclaratif et le dossier de conformité doit être fourni à la demande seulement des autorités et des douanes. Les prises et autres appareils électriques ne peuvent être mis sur le marché sans marquage CE. Le graphisme et les proportions du marquage sont définis. Attention, la rumeur d’un marquage CE « China Export » n’est pas fondée et semble être une infox.
  • Certification NF : démarche volontaire, elle atteste en effet de la conformité des produits à des critères particulièrement exigeants en matière de qualité et de sécurité. Elle est délivrée par un organisme indépendant reconnu. Assez rare sur les prises connectées, les switches et autres…

Et voilà, grâce à ce dossier, vous pouvez maintenant choisir des prises connectées et autres interrupteurs en toute connaissance de causes. On n’est pas sympa ?!

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Jean-Christophe

Ai-je choisi Alexa ou m'a-t-elle choisi ? Disons qu’en tant que bêta testeur, c’est un peu le deux ! Et je ne regrette pas d’avoir rencontré notre assistante préférée ni cette aventure entreprise avec Alexien Modo. Technophile, autodidacte et aimant la vulgarisation, je cherche à rendre facile d’accès notre passion commune !

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